Le Projet EPIC
un marE prIvo di plastiCa
https://interreg-marittimo.eu/fr/web/epic/progetto
Dans le cadre du projet EPIC – un marE prIvo di plastiCa, l’Université de Toulon (Laboratoire IM2NP, UMR 7334), ainsi que le Conseil Scientifique des Îles de Lérins (CSIL), réalisent une étude de terrain dans les départements français des Alpes-Maritimes (06) et du Var (83) afin de mieux comprendre la dispersion de la pollution plastique par nos fleuves. L’objectif est d’identifier les sources et les flux de plastiques transportés par les cours d’eau jusqu’à la mer Méditerranée.
Saviez-vous que 75% des déchets marins proviennent du continent ?
En effet, les cours d’eau jouent un rôle central dans le transfert des déchets plastiques vers le milieu marin, notamment dans une région méditerranéenne soumise à de fortes pressions anthropiques et à des épisodes de très fortes précipitations. En accumulant des données sur le transport des plastiques depuis les terres jusqu’à la mer, le projet EPIC permettra de mieux orienter les solutions techniques et politiques à déployer localement pour une meilleure gestion de la pollution plastique.
Les principaux déchets récupérés jusqu’ici grâce à la mise en place de barrages flottants le long du fleuve du Gapeau (83) sont :
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bouteilles plastiques de différents volumes,
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balles de tennis,
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fragments et petits objets plastiques,
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morceaux de polystyrène de toute taille,
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emballages alimentaires plastiques,
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chaussures et vêtements,
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jouets, …
Les données recueillies contribueront à :
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identifier des zones prioritaires de captage,
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cibler les dispositifs techniques de collecte (filets, barrages flottants, paniers filtrants) adaptés aux conditions locales,
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déterminer des sources potentielles et mener des actions de sensibilisation en conséquence.





Les filets fantômes : une pollution invisible et durable
Perdus accidentellement en mer, les filets de pêche continuent de dériver et de piéger la vie marine pendant des années. Ce phénomène, appelé “pêche fantôme”, transforme ces équipements en véritables pièges invisibles pour les organismes marins.
Pourquoi est-ce si préoccupant ?
Parce que ces filets, majoritairement composés de matières plastiques très résistantes, peuvent persister pendant des décennies, voire des siècles. Durant tout ce temps, ils continuent de capturer des animaux de manière incontrôlée, dégradent les habitats marins et se fragmentent en microplastiques, contribuant ainsi à la pollution globale des océans.
Le projet EPIC participe à prévenir la présence de ces filets fantômes, afin de préserver la biodiversité marine et la santé de nos écosystèmes.
Des opérations de repérage et de retrait de filets fantômes ont été menée conjointement par l’Université de Toulon, NaturDive et le CSIL, entre le 13 et le 17 avril 2026, nous avons exploré les côtes du Var à proximité de Hyères et nous sommes parvenus à extraire plus de 350m de filets et plus de 47kg de plombs. Ces interventions permettent non seulement de nettoyer les fonds marins, mais aussi de libérer les espèces piégées et de collecter des données essentielles pour améliorer la prévention.
Analyse des espèces observées sur les filets fantômes
Lors des opérations de retrait, les filets fantômes ont été examinés afin d’identifier les organismes qui s’y étaient fixés ou piégés. Une grande diversité taxonomique a été mise en évidence, incluant des macroalgues et plantes marines, des cnidaires (gorgones), des ascidies, ainsi que de nombreux invertébrés tels que crustacés, mollusques et annélides.
D’un point de vue écologique, ces structures artificielles jouent un rôle ambivalent. Elles constituent d’abord des substrats de colonisation, aboutissant à la formation de communautés benthiques artificielles, mimant partiellement des habitats naturels. Cependant, ces mêmes structures fonctionnent simultanément comme des pièges écologiques non sélectifs, entraînant l’enchevêtrement, la mortalité ou la dégradation d’organismes.
La présence d’espèces structurantes et sensibles, telles que les gorgones, dont plusieurs dizaines d’individus morts ont été observés sur un seul filet, souligne un impact significatif sur des habitats benthiques à forte valeur écologique, souvent caractérisés par une croissance lente et une forte sensibilité aux perturbations physiques.


